A la découverte de Nollywood est un carnet de route tenu par Julien Hamelin, journaliste et auteur de documentaire. Il décrit les préparatifs et le tournage d’un documentaire sur l’industrie du film au Nigeria.
J-8. Dans un peu plus d’une semaine, je serai dans l’avion direction Abuja, la capitale du Nigeria. La majeure partie du tournage du documentaire sur Nollywood aura lieu à Lagos, la capitale économique du pays. Mais le cameraman et moi devons nous rendre au ministère de l’information et des communications, à Abuja, pour récupérer notre autorisation de tourner. Sans cela, nous serions à la merci de n’importe quel policier ou fonctionnaire qui voudrait nous ennuyer (enfin ça risque d’arriver même avec l’autorisation).
Comme il est très difficile d’avoir des visas pour le Nigeria quand on travaille dans l’audiovisuel, une collègue journaliste m’a mis en contact avec un « ami » qui travaille au service des accréditations. Effectivement, il nous a beaucoup aidé à avoir nos visas dans les temps. J’avais dans l’idée de lui apporter un petit cadeau de France à notre arrivée. Las, cet « ami » a devancé ma pensée. Jeudi, il m’a envoyé un gentil petit mail me proposant poliment de lui apporter… un petit cadeau pour le remercier : des bottines en cuir noire, taille 43. J’ai bien peur d’être confronté à ce type de problème pendant tout notre voyage.
“La préparation s’avère donc assez laborieuse entre les contacts injoignables ou ceux qui ne rappellent jamais”
En tout cas, la phase de préparation continue. J’ai trouvé ce que nous, « Les Journalistes », appelons un « fixeur ». Cet anglicisme désigne un homme ou une femme du pays ou de la région dans laquelle nous nous rendons, et qui nous sert à la fois de guide, d’interprète et d’intermédiaire. Les fixeurs peuvent aussi apporter des idées. Ils sont indispensables, mais restent le plus souvent dans l’ombre. Il ne leur est jamais fait honneur, sauf quand ils se font kidnappés avec leur journaliste (et encore !).
Mon « fixeur » s’appelle Mohammed. Il travaille dans l’industrie du film et parle français, ce qui est bien pratique même si les Nigerians ne sont pas trop difficiles à comprendre car l’anglais est leur langue officielle. Non, la difficulté, c’est plutôt de les comprendre au téléphone. Depuis la France, il faut abandonner l’idée d’appeler une ligne fixe nigériane. Cela ne marche jamais. Pour joindre une personne, mieux vaut l’appeler sur son téléphone cellulaire. Du fait des mauvaises liaisons, on ne comprend alors qu’un mot sur deux. Ce qui est mieux que rien.
La préparation s’avère donc assez laborieuse entre les contacts injoignables ou ceux qui ne rappellent jamais. Il faut que je joigne un maximum d’interlocuteurs et que je prépare un programme assez précis car nous n’aurons pas beaucoup de temps à Lagos. Heureusement, Mohammed a l’air d’un homme efficace et il est, parait-il, fiable. Je l’espère car la réussite du documentaire reposera beaucoup sur ses capacités.
Il me reste beaucoup de travail pendant toute cette semaine avant de pouvoir enfin partir. Je vous laisse en vous indiquant un site Internet universitaire américain qui montre notamment des bandes-annonces de films Nigérians : http://www.siu.edu/~africa/nollywood/trailers.html. Cela vous donnera un bon aperçu de ce qu’est Nollywood
Julien Hamelin
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